Jour 3 > Fasciathérapie chez des refugiés adolescents, victimes de stress post traumatique
Research – Kinesitherapie in de geestelijke gezondheid – Research – Physiotherapy in Mental Health – Recherche – La kinésithérapie en santé mentale
- L. De Lausnay (B) – Fasciatherapie bij adolescente vluchtelingen met posttraumatisch stresssyndroom – Fasciatherapy in adolescent refugies, victims of posttraumatic stress disorder – Fasciathérapie chez des refugiés adolescents, victimes de stress posttraumatique
Linda présente son étude avec des patientes exilées (adolescentes) victimes de maltraitance (maltraitance et violence organisée dans leur pays, Afrique) et d’exil (stress en lien avec la procédure d’asile et peur d’être renvoyé). Il y a beaucoup de troubles en conséquence : douleur, troubles cognitifs, sensori-moteur, mémoire, rapport à soi perturbé, rapport au corps perturbé, syndrome stress post traumatique,…
L’étude consiste en 10 séances de fasciathérapie (pratique manuel et entretiens), l’évaluation se fait avec des outils de mesure validés concernant la plainte, la douleur, le vécu. On observe une diminution des douleurs (sauf quand il y a des cicatrices douloureuses) ; une sensation d’être écoutée, comprise aidant l’alliance thérapeutique ; une modification du rapport au corps (tonicité, repos psychique, réappropriation du corps, sommeil amélioré) ; un effet sur l’unité corps-psychisme (arrêt de la peur, ressenti global positif, « ma tête est vide », « j’oublie ce qui me casse le corps », confiance en soi, autrui, monde). Cette étude montre la pertinence d’introduire la fasciathérapie dans la prise en charge globale de ces patientes avec une histoire de vie douloureuse et souffrante.



- B. Payrau M.D. (F) – Stress en vasculaire impact – Fasciatherapy, a manual therapy modulator of the emotion process – Fasciathérapie, thérapie manuelle modulatrice de l’émotion
Bernard présente les résultats de son étude sur les effets de la fasciathérapie sur le stress et l’émotion, étude comparative avec les techniques d’hypnose, de réflexologie, de musicothérapie et avec un groupe contrôle de repos à partir de questionnaire de STAI et sur une séance pratiquée.
La résonance corporelle est le paramètre qui a été le plus amélioré par les techniques de fasciathérapie, d’hypnose, de réflexologie. Le traitement des fascias a une influence positive sur les troubles de l’interoception. Rappelons que le stress est une Contrainte, les qualités tenségrales de la personne absorbe cette contrainte. Si la contrainte est trop forte, les capacités d’adaptation sont affectées.
La fasciathérapie, la réflexologie et l’hypnose sont des techniques efficaces de manière équivalente pour l’amélioration de la gestion de la réaction de stress et la diminution de la sensation de tension corporelle.


- P. Rosier Ph.D. (B) – Conclusion du congrèse plaats van perceptie in de kinesitherapie als blessurepreventie van topsporters – The Place of Perception in Physiotherapy as Injury Prevention of Elite Athletes – Place de la perception en kinésithérapie dans la prévention des blessures chez les athlètes de haut niveau
Philippe présente son étude en cours, auprès d’un public de femmes – footballeur. Les facteurs de risque chez ces sportives, sont les blessures au niveau du genou. La perception du mouvement a-t-elle un rôle à jouer dans le traitement de ces pathologies ?
Des videos sont le matériau de l’étude auprès d’une centaine de participantes. L’évaluation porte sur l’analyse des mouvements selon la composante linéaire et au sein de la lenteur (exercice issu de la gymnastique sensorielle). Dans une pratique spontanée des mouvements, on peut observer des mouvements non coordonnées au niveau du bassin ou du genou, des compensations rachidiennes, des exagérations du tonus. Après un temps de « rééducation » avec consignes verbales sur le mouvement linéaire et la lenteur, de nouvelles prises de video sont réalisées. Comme cela a été montré pour quelques patients footballeur, la recherche questionne, sur un plus grand nombre, l’apport des composantes linéaires au sein de la lenteur sur la qualité du geste et sur le traitement de certaines pathologies.
Les résultats seront disponibles dans environ 1 année…



Remise du prix et présentation du poster lauréat : Isabelle Bertrand Ph. D. (F) est félicitée pour sa recherche sur l’apport de pratiques à médiation corporelle dans la prise en charge de l’obésité.


- M. Probst Ph.D. (B) – Kinesitherapie in geestelijke gezondheid: uitdagingen in de toekomst – Physiotherapy in Mental Heatlh: Challenges in the Future – La kinésithérapie en santé mentale : les défis du futur
M. Probst présente à quel point l’approche corporelle est importante dans la santé mentale, notamment par la relaxation, les activités physiques. Il est à l’origine de la création d’une organisation pour le développement de la kinésithérapie dans la santé mentale à l’international, 20 pays sont membres de cette organisation. La vision de notre organisation : s’engager dans le domaine de la kinésithérapie en santé mentale dans notre société (aspect physique, mentaux, relationnels, ..).
Pour lui, depuis plusieurs années, les soins de santé ont évolué, passant d’une approche multidisciplinaire à une prise en charge transdisciplinaire. La transdisciplinarité et l’inclusion des sciences humaines et sociales dans le monde de la santé amènent une évolution des pratiques cliniques et de la recherche. Actuellement dans le soin, on parle de qualité de vie, de réduire les inégalités, d’une attention particulière portée sur les évolutions sociétales, … C’est un phénomène nouveau.
Selon M. Probst, la kiné est déjà de facto adaptée à la santé mentale. La seule prédisposition est que le kiné ait une attitude positive et un élan vers des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Notre projet est d’aller vers un soin individualisé de qualité pour le patient souffrant de troubles de la santé mentale, orienté vers la qualité de vie et le bien-être. La kinésithérapie est indispensable pour cela.



- D. Bois Ph.D. (F) – Conclusies van het congres – Conclusion of the Congress – Conclusion du congrès
Dans sa conclusion, le Pr D. Bois remercie chacun des intervenants et souligne la place donnée à l’orientation vers la recherche et notamment en sciences sociales et humaines. Dans le laboratoire qu’il dirige, le CERAP, l’orientation dans le courant des sciences humaines et sociales est assumée, même si parfois, la rigueur scientifique réelle dans la recherche qualitative n’est pas reconnue. C’est pourtant une des manières efficace de questionner les effets de la thérapie manuelle chez les patients.
Il attire notre attention sur différentes notions fortes qui ont été abordées dans ce congrès :
– Le rôle de l’intéroception : le fascia a une fonction sensorielle très importante, et notamment une fonction intéroceptive. Cela nous conduit à réfléchir au lien entre cette fonction interoceptive et le sentiment, l’émotion. Tous les fascias, du plus superficiel au plus profond ont un système de proprioception et d’interoception, c’est une notion importante.
– La continuité du fascia : grâce aux interventions du Dr Guimberteau, nous avons pu voir in vivo cette continuité, c’est une grande avancée. Il nous donne à voir la continuité fasciale comme un système qui pénètre à l’intérieur du muscle, de l’os, jusqu’à la cellule. Ce système fascial – fibrillaire s’adapte aux contraintes de manière aléatoire et cela ouvre des perspectives dans la réflexion sur les pratiques de fasciathérapie notamment dans le geste de lenteur, la lenteur permettant de capter ce qui se déroule en temps réel de l’action sous la main. La lenteur permet-elle de capter cette adaptation aléatoire permanente de tout ce système fibrillaire ?
– Le mouvement et la perception du mouvement : ce congrès ré-ouvre le questionnement autour de la différence entre la conscience du mouvement et la perception du mouvement. Il est prouvé que seulement 10% du percept est conscientisé dans le mouvement, peut-on améliorer la perception et la conscience du mouvement ? est-il possible d’avoir une conscience du mouvement plus durable ? plus performante ? En se référant à la philosophie, à la phénoménologie : « On est conscient de ce que l’on perçoit, on est conscient de quelque chose », la solution de la conscience ne serait-elle pas dans la perception ? La perception est spécialisée dans la conscience de l’immédiat. Il serait intéressant d’étudier les phénomènes de perception du corps et de conscience du corps. La perception est-elle le prima de la conscience du corps ? c’est une question à laquelle il faut réfléchir.
Souvent, en tant que kinésithérapeute, on entrevoit le mouvement pour restaurer une intégrité physique (douleur, rééducation de la fonction…). Il y a d’autres techniques qui essaient de développer le rapport au corps par la conscience du corps. Ne faudrait-il pas aller plus loin ? et faire du mouvement, un tâche à accomplir pour amplifier les activités cognitives ? comment faire du mouvement une tâche pour développer l’attention, la mémoire, la coordination et avoir une action sur la vie psychique en terme d’activité cognitive ? Un mouvement peut être considéré comme une expérience et il faudrait consolider une rééducation sensorielle qui allie un travail périphérique et central.
– Il y a une biomécanique de la biotenségrité, le modèle est séduisant. La question posée par Leonid Blyum est intéressante, faut-il entrevoir la biotenségrité comme une une structure ou comme un comportement de la mécanique d’ensemble ? A réfléchir …
– Le domaine de l’inconscient : c’est un domaine que Danis Bois ne maitrise pas, il préfère s’orienter sur l’inconscient cognitif, sur la question : « comment faire en sorte que, ce que nous ne percevons pas devienne perceptible ? « . Nous parlons dans ce cas d’imperçu plutôt que d’inconscient. Dans les recherches au sein du Cerap, les travaux contribuent à cette réflexion autour de la relation entre le corps et l’esprit.
Il faut continuer à chercher, réfléchir, évaluer … car : « Souvent la pratique est en avance sur la science. Il nous faut consolider les évaluations pour mieux comprendre les phénomènes en jeu dans nos pratiques de thérapie.«

Merci à toute l’équipe de Belgique pour l’organisation et la réussite de ce congrès !